L'incinérateur mobilise les associations

L'enquête publique sur l'incinérateur d'ordures ménagères de la Gabarre est en cours jusqu'au 24 septembre et de nombreuses associations de protection de l'environnement se mobilisent contre ce projet.





L'incinérateur mobilise les associations
À l’heure où de nombreux incinérateurs ferment aux quatre coins de l'Europe pour cause de rejets polluants nuisibles à la santé humaine, la Guadeloupe se prépare à en accueillir un à la Gabarre. Et pas des moindres puisque sa capacité de traitement sera de 100 000 tonnes. L'enquête publique a débuté le 24 août, en période de vacance, et se poursuit jusqu'au 24 septembre en mairie des Abymes. Cette enquête est destinée, rappelons-le, à informer la population du projet et à lui permettre de s'exprimer pour ou contre l'installation de l'incinérateur.

La mobilisation a commencé

L'incinérateur mobilise les associations
"Nous faisons un appel urgent à tous les Guadeloupéens afin de contrer le projet de l’installation d’un incinérateur à La Gabarre. Ce serait une vraie catastrophe pour l’avenir de notre archipel, la santé de tous les Guadeloupéens et l’augmentation considérable de la taxe d’enlèvement d’ordures ménagères (TEOM)" indique Nicola Coppa, l'initiateur de la pétition qui circule actuellement sur le net. "Avec ou sans filtres, les émissions de dioxines et autres substances chimiques, de métaux lourds de l'incinérateur sont dangereusement polluantes, sans oublier les mâchefers qui seront stockés sur place ou utilisés dangereusement ça et là !" rajoute Nicola Coppa
Selon lui, il faut agir très vite, car les travaux pourraient commencer rapidement, l’enquête publique s'achevant le 24 Septembre 2009.

Les incinérateurs montrés du doigt

Un groupe de médecins et de scientifiques, composé notamment du cancérologue Dominique Belpomme, a remis en 2007 aux ministères de l'Ecologie et de l'Intérieur un rapport accablant sur les effets de l'incinération sur la santé.
Selon ce rapport, l'incinérateur est «un brûlot géant duquel s'échappent de très nombreuses substances toxiques. Les risques encourus sont énormes pour l'environnement, et donc pour l'homme depuis les divers cancers jusqu’aux malformations congénitales et dysfonctionnements de la reproduction ».
En mars 2008, un autre rapport de l’Institut national de Veille Sanitaire (InVS) soulignait une augmentation considérable du risque de développer certains types de cancers (lymphomes, myélomes, sarcomes des tissus mous, cancers du sein) chez les personnes résidant à proximité des incinérateurs.

Trier et recycler

L'incinérateur mobilise les associations
Selon les écologistes mobilisés contre l'incinérateur, la solution de l’incinérateur démobilisera les citoyens qui se sont mis au tri sélectif, « car un incinérateur doit être « rentable » pour les investisseurs et donc brûler beaucoup, en permanence et n’importe quoi comme déchets ».
Quelles sont les solutions alors pour remplacer l'incinérateur ? En premier lieu, le développement massif de la collecte sélective des déchets. "Une collecte en porte-à-porte et non pas par un apport volontaire", précise Gerardo Sessa. "Partout où le tri fonctionne vraiment c'est grâce à la collecte à domicile. Le lundi, les services techniques ramassent le verre, le mardi le plastique, le mercredi les déchets non triables et ainsi de suite. En procédant ainsi, on peut réduire le poids de nos poubelles de plus de 60% ! " ajoute cet écologiste très impliqué sur le dossier.
Et pour la part des déchets ultimes, que fait-on ? "On oublie l'incinération qui est une technologie polluante et dépassée", indique Gerardo Sessa, "On se tourne, comme les pays vraiment évolués en matière de gestion des déchets, vers la gazéification, par exemple". En effet, au Japon, en Islande, aux Comores, aux îles Caïmans et de plus en plus aux Etats-Unis, des usines de gazéification voient le jour. Leur principe : dissocier les molécules de carbone en les consumant mais sans les brûler. Ce procédé ne dégage ni fumée ni Dioxine. Quant au gaz produit par l'usine, il est à la fois stockable et transformable en électricité. Et une tonne de ce gaz produit 1 MW d'électricité.

Ailleurs, que se passe-t’il ?

En Corse, le projet d’incinérateur a été abandonné sous la pression des écologistes locaux tout comme à Clermont-Ferrand où le Préfet a pris position contre cette solution.
À la Réunion, c’est l'ARMSE (Association Réunionnaise Médicale Santé Environnement) qui se mobilise contre l’implantation des deux incinérateurs prévus.
Et à l’étranger, quelles sont les solutions retenues ? En Amérique du Nord et du Sud, on se tourne vers la stratégie «zero waste » ou « basura cero » (zéro déchet). Plus de 100 villes ont ainsi adopté ce concept qui consiste à réduire drastiquement tous les déchets produits (et ce dès la source), à augmenter le recyclage, le tri, la réparation et cela sans recourir à l’incinération. De San Francisco à Buenos Aires en passant par Austin ou la ville de New Scotland au Canada, on a donc opté pour une solution durable.

L’enquête publique est à en cours à la mairie des Abymes jusqu’au 24 septembre

Pour en savoir plus sur la gestion des déchets :
http://www.energo.st
www.no-burn.org/article.php?id=642
www.actuenvironnement.com/ae/news/gazeification_dechets_europlasma_3972.php4
www.actuenvironnement.com/ae/news/loi_eeg_allemagne_6692.php4
www.ecoportal.net



Jeudi 3 Septembre 2009
Mariane Aimar
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http://lapetition.be/en-ligne/petition-4896.html http://lapetition.be/en-ligne/petition-4896.html
http://actu.orangecaraibe.com/actu/article.asp?num=18335&departement=Guadeloupe http://actu.orangecaraibe.com/actu/article.asp?num=18335&departement=Guadeloupe



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